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Certaines photos ont été glanées sur le Net. Elles ne sont utilisées que dans un but illustratif. Si toutefois leurs auteurs y voyaient une quelconque objection, merci de me contacter.

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« L’Enfer, c’est les Autres »

            Jean-Paul Sartre

Pour comprendre le but de ce blog, il vaut mieux commencer par lire ça.

10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 11:54
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Il a déjà été question des êtres malotrus que l’on croise dans les grandes surfaces. De même, j’ai raconté ici une mésaventure qui a mis sur ma route un goujat hors pair. Or, quand la muflerie s’épanouit dans un décor de supermarché, je ne peux résister à l’envie de narrer la scène.
 
C’était un samedi et le samedi, c’est bien connu, les Michu s’en vont en famille ravitailler la tribu. L’hyper grouille d’insectes à taille humaine qui peinent à se déplacer dans les rayons par trop peuplés. A la caisse, ils forment d’interminables queues desquelles s’échappent une réprimande parentale, un sanglot d’enfant, plus rarement un éclat de rire.
Je me pressai vers ces files à la longueur décourageante quand j’aperçus une caisse presque vide. Je m’y dirigeai sans plus tarder lorsqu’une jeune femme flanquée d’un marmot dans une poussette me devança. Je me plaçai donc derrière elle et avançai sur ses pas lorsque le caissier, un grand escogriffe à l’œil torve et au cheveu filasse la fixa et, sérieux comme un pape, lui dit : « Ah non, madame, je ne prends pas les bébés ».
Surprise, la jeune femme le considéra interloquée. Point de clin d’œil ni de sourire, point de démenti: rien dans l’expression du caissier ne laissait percevoir l’humour de la remarque. La maman émit un petit gloussement peu assuré, d’un air de dire « ah la bonne blague ! » avant de se placer dans la queue. L’hôte de caisse revint à la charge, la voix chargée de détermination : « Non, je ne prends pas les bébés ». Nouveau regard déconcerté de la maman. Cette fois-ci, elle ne répondit pas, se contentant de poser ses emplettes sur le tapis roulant.
Le client qui la précédait s’en fut. Notre caissier se pencha pour observer l’enfant qui, ayant cessé de babiller, scrutait le monde alentour d’un air grave. « Bah alors ? » lui dit-il, « tu n’as pas l’air content, toi ! »
-         Il est sans doute contrarié de passer à la caisse de quelqu’un qui n’aime pas les bébés, plaisanta la mère pour détendre une atmosphère lourde.
 
Un bip après l’autre, les courses furent enregistrées, payées et rangées. Vint mon tour. Bip-bip-bip. Derrière moi, la file s’était allongée. La personne qui me suivait immédiatement était une femme petite, de forte corpulence, les cheveux courts et sans éclat, des lunettes sévères qui rapetissaient ses yeux éteints. Accompagnée d’une adolescente renfrognée, elle subissait le réapprovisionnement comme elle purgeait sa vie.
Le caissier la vit. Aussitôt, il lui dit : « Ah non, madame, je ne prends pas les femmes à lunettes ». Léger rictus gêné de la matrone. Le goujat en rajouta une couche, sans doute déçu de l’impavidité de sa victime : « Bah non, moi je ne prends pas les femmes à lunettes ». Il s’arrêta un instant, à l’affût de l’inspiration et poursuivit sans ciller : « Ah ouais, je ne peux pas passer vos articles, madame. Je ne prends pas les femmes à lunettes. Je ne prends que les jolies filles en mini jupe ».
 
C’est toujours agréable pour une pauvre créature bigleuse, au nez surplombé de ce qui tient plus de la prothèse oculaire que de l’accessoire de mode, moche, grosse et peut-être malheureuse, qui surmonte sa fatigue et sa lassitude pour accomplir, un jour de repos,  une tâche de la vie quotidienne pénible mais nonobstant nécessaire, de se faire publiquement traiter de boudin par un caissier aussi laid que stupide.
Quand on travaille dans un supermarché, il se peut que l’on en vienne à tout considérer comme de la marchandise exposée au choix du chaland et que l’on confonde le défilé des clients avec une page meetic. L’avantage indéniable des sites de rencontre, c’est que l’on peut y rentrer ses critères sans humilier personne (Si tu es blonde à forte poitrine, sans lunettes et sans enfants, ça m’intéresse).
 
Autrui, ton univers est impitoyable.

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commentaires

Teddy 07/02/2008 00:11

Bonjour. Si j ai bien compris ce que j ai lu, le caissier est trés vilain. Je vous propose pour l'excuser de faire la connaissance d'un super caissier. N hesitez pas à passer. http://super-caissier.over-blog.com

Muad' Dib 20/11/2007 20:32

Coucou Jo, tu sais pour le corbeau, je n'y suis pour rien. Le jardin Dumaine à Luçon est (était) réputé pour ces statues végétales représentant les fables de La Fontaine.Bonne soirée et gros bisous,

Le primate... 19/11/2007 00:37

ba alors oui Jo, qui c'est qui qui gagne ? et qué quon gagne ?

cyril 19/11/2007 00:13

Arrrf!... Je ne l'entendais pas du tout dans ce sens là Jo. (rires) Seulement, il est toujours plus facile de s'en prendre à une femme seule que si elle est accompagnée! Enfin, j'ai l'impression d'enfoncer une porte ouverte en disant ça. Confidence pour confidence: c'était de la provoc gratuite ça? :-)))Amitiés de l'homme de cro-magnon (ça changera un peu des primates (rires))

Jo 19/11/2007 00:08

Loin de moi l'idée de faire des blagues de ce genre. Mais si vous voulez, je compte les points.