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« L’Enfer, c’est les Autres »

            Jean-Paul Sartre

Pour comprendre le but de ce blog, il vaut mieux commencer par lire ça.

Mercredi 19 mars 2008 3 19 03 2008 19:55

profsexyblog-copie-1.jpg Les années passant, Sophie la copine du lycée, la Sophie sensible à l’esthétique d’un numéro de téléphone, Sophie l’amie des animaux, Sophie l’inénarrable rencontra quelqu’un, se maria dans de rocambolesques circonstances et mit au monde deux charmants bambins.

Quand le petit dernier avait quelques mois, j’étais moi-même enceinte. Malgré des années de contacts épisodiques, nous entreprîmes de nous revoir, convaincues que la grâce de l’enfantement pourrait nous rapprocher de nouveau. C’est ainsi que je transportai mon imposante excroissance abdominale jusque chez elle.
Elle m’offrit un thé et le temps s’étiola lentement entre souvenirs, bavardages et couches culottes. Nous en vînmes à parler de mon métier. Sophie, elle, ne travaillait pas. Son commerçant de mari gagnait suffisamment bien sa vie pour assumer logement, femme et enfants.
Elle s’intéressa avec sincérité à mes difficultés et aux relations que j’entretenais avec mes élèves. Intellectuellement nourrie aux séries américaines, elle était probablement fascinée d’entendre des récits de la vraie vie. Il existe ainsi des êtres extraordinaires pour lesquels la banalité quotidienne revêt un caractère exotique.
 
« Ah ouèèèèèèèèè… !  C’est pas facile…. » commentait Sophie. Puis, s’enquérant de mes rapports avec les élèves garçons, elle me fit « Oh la la ! Heureusement que t’es pas canon ! »
 
Interloquée, je la dévisageai. Pas canon ? Pas canon ! Comment ça pas canon ?
 
 
Sophie comprit à mon expression quelle bourde elle venait de faire. Sincèrement navrée –Sophie est une fille profondément sincère-, elle entreprit de se rattraper : « Mais non ! C’est pas ce que je voulais dire … Mais bon, enfin… je veux dire… il n’y a pas des profs très belles dans ton collège ? » insista-t-elle pour bien me faire comprendre sa pensée.
 
Moi qui n’avais jamais douté de ma sublime silhouette, voilà qu’une truie qu’autrui m’assenait pareille remarque. De plus en plus mal à l’aise, Sophie se perdait en explications anxieuses tant elle était soucieuse de ne pas me vexer:
-         Mais ne le prends pas mal, hein ? Je disais ça comme ça. Tu vois, même moi, je ne me considère pas canon.


 

Il faut rencontrer au moins une Sophie au cours de son existence : cela rend philosophe.
Par Jo - Publié dans : Au quotidien - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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