Evidence ...
« L’Enfer, c’est les Autres »
Jean-Paul Sartre
Pour comprendre le but de ce blog, il vaut mieux commencer par lire ça.
AUTRUI(e)
Certaines photos ont été glanées sur le Net. Elles ne sont utilisées que dans un but illustratif. Si toutefois leurs auteurs y voyaient une quelconque objection, merci de me contacter.
« L’Enfer, c’est les Autres »
Jean-Paul Sartre
Pour comprendre le but de ce blog, il vaut mieux commencer par lire ça.
Le combat des féministes acharnées, chiennes de garde grondeuses et féroces, prêtes à montrer les dents et à en faire usage pour conquérir une égalité d’autant plus précieuse qu’elle a longtemps été opiniâtrement refusée par la gent masculine, m’est souvent apparu comme un peu excessif, un peu agressif, un peu enragé.
C’est sans doute que, née dans une décennie où les batailles les plus décisives avaient été remportées ou étaient sur le point de l’être, je pouvais jouir des fruits récoltés par mes aînées sans pour cela avoir souffert aucune peine, et même m’offrir le luxe de les mépriser un petit peu.
Pourtant, il y a de cela quelques semaines, le quotidien m’offrit la preuve que si la lutte n’avait pas été vaine, elle n’était pas non plus terminée.
Ce mercredi-là, j’étais allée faire quelques courses dans une grande chaîne de supermarchés hard discount, lesquels, en ces temps de crise, rendent bien des services à la ménagère désargentée.
Une seule caisse était ouverte : il fallait donc s’armer de courage pour se glisser dans l’interminable file d’attente. Devant moi, une charmante fillette patientait en inventant mille activités ludiques avec les moyens du bord : aller à cloche-pied jusqu’au rayon des boites de conserve, contourner un panier à provisions, feindre que telle rangée de carreaux noirs, sur le sol, étaient en fait un dangereux précipice à éviter.
Ainsi évoluait-elle, toute guillerette et légère. Son père, solide gaillard presque chauve dont le marcel blanc épousait une bedaine déjà bien installée, avait le regard perdu dans le vague. Plus loin, une femme et son caddie entreprirent de se frayer un passage entre les clients qui attendaient. Il lui fallut pour cela s’arrêter pour laisser à la fillette le soin de terminer son jeu.
Tandis qu’elle sautillait gentiment au milieu de l’allée, son père intervint pour l’empêcher de barrer le passage. Il exigea de son enfant, avec force remontrances, qu’elle restât à ses cotés et ne bougeât plus. La petite, craintive, s’exécuta mais sa docilité n’adoucit pas la colère de son géniteur.
- Mais enfin ! s’exclama-t-il, arrête de faire n’importe quoi !
Scène habituelle d’un quotidien qui nous est commun à tous.
J’écoutais d’une oreille distraite quand le ventripotent chef de famille crut bon d’ajouter, avec une exaspération redoublée :
- Je sais que c’est féminin de faire n’importe quoi, mais quand même, ne sois pas comme tout le monde !
Je vis la petite se replier sur elle-même et terminer toute recroquevillée dans un coin, presque entièrement dissimulée derrière la volumineuse silhouette paternelle.
S’il y a, en effet, des femmes sottes et irréfléchies au point de faire croire aux malotrus que ces traits sont caractéristiques de leur sexe, il existe également des mâles qui montrent, derrière un paravent de virilité, comme celle-ci peut se substituer à l’intelligence.
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tu as raison, les mentalités ont peu évolué, ces comportements machos existent toujours et à mon avis ne sont pas en voie d'extinction ...
il ne faut pas éviter à les pointer, comme tu le fais si bien, pour les dénoncer
continue ...
Affligeante, cette réaction ! Comme si tous les enfants n'avaient pas tendance à jouer et à s'activer, rien de plus naturel !
Au sujet des batailles déjà gagnées, hummm... Dans les textes, beaucoup de choses ont été faites, sur le terrain il en est autrement : sur le marché du travail, en famille, dans le couple... Je n'oublie pas non plus que dans certaines cités les jeunes filles sont contraintes de porter des jupes longues et de se soumettre à l'autorité des mâles. Il y a une sacrée régression, en fait.
Ce qui est aussi remarquable dans cette scène de la vie quotidienne, c'est que trop souvent les adultes sont enfermés dans des conventions, des principes érigés comme des vérités que l'on assène aux enfants pour les priver de la liberté d'être au monde à leur façon.
A bientôt pour de nouveaux textes, plus fréquents j'espère.
enfin rentrée ! Je savais bien que l'éducation nationale était une bonne planque. J'adore tes billets dans ton blog même si Ben me les raconte en avance (de façon masculine car on sait que les hommes savent pas raconter les hostoire lol).
A bientôt.
enfin rentrée ! Je savais bien que l'éducation nationale était une bonne planque. J'adore tes billets dans ton blog même si Ben me les raconte en avance (de façon masculine car on sait que les hommes savent pas raconter les hostoire lol).
A bientôt.