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« L’Enfer, c’est les Autres »

            Jean-Paul Sartre

Pour comprendre le but de ce blog, il vaut mieux commencer par lire ça.

10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 00:26

S'il y a des autrui pénibles à supporter, ce sont bien les collègues de travail. Non seulement il faut croiser leur tronche dix fois par jour, mais en plus ils viennent mettre leur groin dans vos affaires. Les plus sales, celles qui sentent mauvais de préférence. Ca aussi, c'est le propre d'autrui.

 

Dans mon entourage professionnel, on dispose d'un bel échantillonnage, riche en diversité. Un chercheur, qu'il soit sociologue, anthropologue ou même psychologue y trouverait probablement un terrain de recherches parfait. Peut-être même que cela suffirait au bonheur d'un cuisinier : il y a de quoi faire de belles brochettes.

 

La brochette des mères de famille, par exemple. Elles procréent à tour de rôle, c'est à se demander si elles n'ont pas tiré au sort à qui le tour afin de toujours avoir une conversation sur le sujet. Il y en a toujours une qui est enceinte.

« Bon, alors, j'attends que tu accouches et après je m'y mets ». Je les entends d'ici.

Parfois cependant, comme on préfèrerait pratiquer une activité sportive à deux, elles vivent leur grossesse en duo. A se demander si elles se tenaient aussi la main lors de la conception.

Puis, quand chacune d'elles a enfanté, c'est reparti pour la valse des cadets.

 Les matrones affichent un mépris pincé pour tout ce qui ne gravite pas dans l'orbite de leur club. Force est de constater que si une personne extérieure au clan des mater genitrix daigne s'incruster dans leur conversation, elles poursuivent leur échange comme si le parasite était transparent. Ou absent.

Pendant la pause café, elles s'installent confortablement dans les fauteuils qui entourent la table basse, près du distributeur. Bien sûr, l'une d'elles a pris soin de faire un gâteau. Elles sont hyper organisées, elles ont même fait un planning. Celle qui s'inscrit s'engage à jouer du rouleau à pâtisserie pour le jour coché, ce qui leur permet de s'échanger recettes et astuces entre deux bouchées et trois gloussements.

Quand ça ne parle pas couches, bulles de bave et premières dents, donc, ça parle de cuisine.

Un jour, je me souviens être passée près de l'essaim, et j'ai été surprise de constater qu'elles avaient plus d'imagination que je ne l'aurais cru : elles s'étaient lancées dans un débat passionné et ô combien passionnant : la décoration de leur appartement.

Bien sûr, de temps à autre, elles parlent boulot. On est quand même au travail !

 

L'autre incontournable brochette est celle des syndicalistes. Le mépris dont ils font preuve les rapproche des rombières dont ils sont les fidèles alliés. Modernité aidant, ils ont perdu leur barbe et leur conviction. Ils apprécient leur statut parce qu'il leur procure des avantages. C'est bien la seule chose qu'ils défendent.  

 

Enfin, on a le clan des rejetés, ceux qui suscitent moqueries et ricanements, médisances et hypocrisie. Ils sont pourtant aimables, affables, polis. Et malheureux : la gentillesse ne paie pas. Autour d'un thé, ils psalmodient une litanie pleine de gémissements larmoyants. S'ils persévèrent, je parie d'ores et déjà sur le succès de leur chorale, parfaite pour accompagner les enterrements.

Ils pourraient être solidaires, mais hélas ! La nature humaine étant ce qu'elle est, il suffit d'une insignifiante marque d'intérêt de la part d'un Méprisant pour que le Rejeté se trémousse et renie ses camarades de choeur et d'infortune. Malgré cette avilissante tentative de séduction, le Rejeté continue à trouver porte close là où il pensait détenir le sésame.

 

Restent les indépendants, les insoumis, les Affranchis. Ils vont et viennent avec la superbe allure que leur confère leur impudente liberté. Ils se mêlent aux uns, aux autres, sans s'enfermer dans une catégorie trop étriquée pour eux. Ils rient joyeusement, se moquent avec bonhomie de leurs condisciples et travaillent avec efficacité. Quand ils rentrent chez eux, ni tensions ni conflits ne viennent parasiter leur vie personnelle. Les Affranchis sont bien au-dessus de ça.

 

 

Bien évidemment, c'est à ces derniers que nous préférons nous identifier. Il est, en effet, plus confortable de le croire.

 

 

 

 

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commentaires

Jane 27/02/2010 18:12


je me sens affranchie depuis que je ne bosse plus. c'est normal, docteur ?


Katia 18/10/2006 20:30

Hé hé hé... drôlement bien vu, tout ça !!!

Sam 15/10/2006 12:02

Ah, moi, je n'ai pas droit aux femmes enceintes... si seulement certaines pouvaient se barrer en congés maternité!!!!!! lol
Courage, nous vainquerons!
Sam

brendufat 11/10/2006 20:43

C'est plutôt bien vu - hélas !
Et drôlement raconté. J'en veux d'autres !

alaligne 10/10/2006 18:58

Bonjour Jo et merci pour ton commentaire sur mon site.
Tu écris bien et même si je te trouve assez grinçante dans ton analyse des "collègues de travail", ton portrait est bien balancé. Fais comme moi, quitte l'entreprise et bosse en profession libérale!
Bizzz, Alaligne