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Certaines photos ont été glanées sur le Net. Elles ne sont utilisées que dans un but illustratif. Si toutefois leurs auteurs y voyaient une quelconque objection, merci de me contacter.

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« L’Enfer, c’est les Autres »

            Jean-Paul Sartre

Pour comprendre le but de ce blog, il vaut mieux commencer par lire ça.

18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 00:10

http://4.bp.blogspot.com/_ZV89_KQLu1g/TTsf3e0R02I/AAAAAAAACIE/CK1thLFllkI/s1600/HOPITAL+EN+DANGER.jpg

L’hôpital, c’est sinistre. Ca sent la maladie, ça sent la mort, ça pue la tristesse et la désolation. Il y a de nombreuses années, la malchance m’y a conduite.
 
Sabine, ma grande amie de l’époque, a décidé pour me réconforter de venir me rendre visite en amenant avec elle deux personnes que j’exécrais profondément (et elle le savait) : Marianne et son petit ami. Ce dernier était un grand costaud blond, le crâne tondu, la nuque épaisse, au regard de bovidé. Aussi futé qu’un tonneau de bière, il était en outre adhérent d’un parti d’extrême droite pour lequel il militait activement. Quand on a une tension artérielle à 7 et une température corporelle qui flirte avec les 41 degrés, que la nausée nous envahit tout comme l’impression que rien ne peut exister en dehors de cet hôpital et de cette souffrance, c’est exactement l’être que l’on rêve d’avoir face à soi.
Il était là, pourtant. S’est planté devant moi avec un sourire niais. Marianne, plus en retrait, s’appuyait tantôt sur une jambe, tantôt sur l’autre, ne sachant quelle posture adopter. Sabine, pas gênée du tout, me considérait avec un ennui manifeste, ne comprenant sans doute pas pourquoi je ne sautais pas de mon lit d’hôpital pour aller faire les boutiques avec elle.
Devant mon silence -quelle poisse, les gens malades !- elle entama la conversation avec ses deux amis. Sabine évoquait sa prochaine sortie en boîte et décrivit à Marianne le joli haut qu’elle porterait à cette occasion. Puis elle fouilla dans son sac à main en disant : «Attends ! » avant d’en sortir le tee-shirt en question d’un air triomphal. Elle le plaqua sur son torse, imaginant déjà les lumières des stroboscopes et l’odeur de la fumée de cigarette sur ses cheveux. Radieuse, elle se tourna vers moi qui la regardais, incrédule, pour me poser la question la plus adéquate en de pareilles circonstances :
-         Alors, alors ? T’en penses quoi ?
 
 
 
Puis l’ami de Marianne crut bon de me faire la conversation. Je le voyais depuis quelques minutes déjà me scruter avec un inquiétant intérêt. Soudain, inspiré, il me demanda avec un drôle de rictus :
-         Tu vas mourir ?
J’ouvris de grands yeux emplis de surprise et d’effroi. Il enchaîna :
-         Tu sais qu’il y a une morgue, en bas ?
Il partit alors d’un rire gras qui le rendait encore plus cruel qu’il n’était imbécile.
Inquiète quant à la maladie dont j’étais atteinte, presque à l’agonie, je ne trouvai pas la force de répondre ni celle d’intimer à l’intrus l’ordre de déguerpir. Fort heureusement, Sabine s’éclipsa quelques minutes plus tard, entraînant avec elle les deux fachos dans son sillage.
 
Depuis, je me suis rétablie.
Notre amitié, non.

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commentaires

serge 25/12/2006 08:06

On ne choisi pas sa famille et parfois même pas ses amis.Ta retenue est à la hauteur de leur connerie.Artno cherche désespéremment des gentils dans ta boutique, ben ya toi, déjà !

Roland 24/12/2006 15:08

Quelle égoïste cette Sabine!! et surtout nombriliqueje crois qu'il y a beaucoup de gens come ça, surtout  parmi les femmes.

chriscraft_ 19/12/2006 22:13

juste te dire que j'ai lu cet article comme tous les autres tu nous fais passer une émotion sincére
 
 

kéline 19/12/2006 19:36

bonsoir Jo,
Une visite dont tu aurais pu te passer en effet. . Tu ne les aimais pas et elle le savait--> un sacré pb qu'elle avait avec toi alors cette pseudo amiebonne soirée

andré 19/12/2006 18:28

Où ne va pas se loger la bêtise humaine ! A en mourir ... de consternation !