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Certaines photos ont été glanées sur le Net. Elles ne sont utilisées que dans un but illustratif. Si toutefois leurs auteurs y voyaient une quelconque objection, merci de me contacter.

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« L’Enfer, c’est les Autres »

            Jean-Paul Sartre

Pour comprendre le but de ce blog, il vaut mieux commencer par lire ça.

2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 00:06

http://www.nico2012.fr/wp-content/uploads/2012/02/SDF.jpg

Nous avons tous une vie très remplie. Il suffit de nous regarder aller et venir, cheminer d’un pas pressé, monter dans une automobile ou un bus, en descendre, piaffer d’impatience dans une file d’attente. Même le samedi.
 
Samedi, j’étais dans ma voiture et je roulais vers Paris. Il pleuvait des cordes et les essuie-glaces fonctionnaient à plein régime. Bien sûr, je me plaignais de mille et une choses, du temps déprimant, des ralentissements, érigeant en problèmes fâcheux d’insignifiantes futilités.
Les embouteillages qui me bloquèrent quelques minutes aux abords de la capitale achevèrent de m’exaspérer. Je décidai toutefois de prendre mon mal en patience et montai le son de la musique. C’est en chantonnant joyeusement que j’essayai de me détendre. Et cela fonctionna. Kilomètre après kilomètre, j’avançais lentement avec une certaine bonne humeur. Tout cela malgré la pluie, le ciel gris, les épais nuages qui stagnaient au-dessus des cheminées des usines de banlieue.
 
Aux portes de Paris, je vis ces trois tentes. Deux d’entre elles étaient bleues, la dernière, rouge. Elles étaient là, plantées à l’entrée du périphérique, grelottantes face au vent, blotties les unes contre les autres. Je ne vis aucun de leurs occupants, mais je les devinai serrés à l’intérieur, élaborant des projets fous qui ne se réaliseraient sans doute jamais ou peut-être endormis, sombrés dans une sieste de désoeuvrement. Ces tentes pleines de fragilité résistant fièrement aux intempéries, à la pollution, perdues sur un minuscule coin d’herbe coincé entre deux grands axes routiers semblaient défier ceux qui posaient leur regard sur elles tout comme les autres qui ne les voyaient même pas.
A quelques mètres, il y avait un sapin. Un tout petit arbre de Noël, frêle et biscornu mais paré de boules et de guirlandes. J’imaginai les sans-abri occupés à le décorer et, une fois leur tâche achevée, le contempler avec une certaine fierté. Un sapin qui donnait un absurde air de fête à ce triste refuge.
 
Les véhicules se décidèrent à avancer et je suivis le mouvement, n’emportant avec moi que le fragile souvenir des laissés-pour-compte. Chassés d’une ville où l’on ferme les yeux sur la misère, ils se terrent quelque part où ils ne heurteront pas la sensibilité de ceux qui préfèrent ignorer ce qui pourrait dénaturer l’esthétique de la somptueuse capitale.
 
Ils ont toutefois trouvé le moyen d’emporter avec eux un sapin, symbole dérisoire d’une fête dont ils refusent, par dépit, espoir ou par dignité, d’être exclus.

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commentaires

Jo 04/01/2007 13:08

Les lois ne peuvent pas faire de mal lorsqu'elles vont dans le bons sens. Il est évident que cela ne règlera pas tout, et l'action individuelle restera nécessaire. Mais désormais elle aura un appui de taille.
Malheureusement, il s'écoulera encore du temps avant que plus personne ne soit obligé de passer les fêtes de fin d'année dehors. OU l'hiver, tout simplement.
 

moebius 03/01/2007 18:32

Très bon billetJ'aime bien...Sinon, pour en revenir au sujet, il me semble que la société doit apporter des pistes (et pas seulement la charité ou des solutions d'urgences).La notion de droit au logement opposable me parait être une de ces solutions...

Bettina 03/01/2007 12:04

Bonjour Jo, contente de revenir chez toi après quelques jours d'absence
De bons voeux, je te souhaite pour cette nouvelle année, les fêtes sont passées...la vie continue, les petites joies comme la lecture d'un texte bien écrit et dont le fond toujours te concernant nous met face à une certaine réalité.
Bien à toi...
Bettina

alaligne 03/01/2007 11:26

Oui La Muse, mais légiférer est un sacré constat d'échec car la loi omniprésente étouffe la liberté, anihile le libre arbitre et donne bonne conscience... Je ne peux que penser à Coluche qui à sa manière a pris position et crée quelque chose de concret sans attendre des politiques et des législateurs une pseudo "solution".
Bises à toi Jo

la Muse 03/01/2007 09:45

Enfin une loi qui se profile à l'horizon ? Il aura fallu en arriver là pour que les politiques daignent se pencher sur le problème....