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Certaines photos ont été glanées sur le Net. Elles ne sont utilisées que dans un but illustratif. Si toutefois leurs auteurs y voyaient une quelconque objection, merci de me contacter.

Evidence ...

 

 

« L’Enfer, c’est les Autres »

            Jean-Paul Sartre

Pour comprendre le but de ce blog, il vaut mieux commencer par lire ça.

autrui

Mardi 3 octobre 2006

A l’heure où, par milliers, les internautes se regardent le nombril avec délectation et mégalomanie  en racontant leurs aventures quotidiennes, j’inaugure ce blog en braquant mon modeste projecteur sur les autres.

 

Les Autres. Ces êtres semblables à moi-même et pourtant intrinsèquement différents. Ils sont fascinants précisément parce qu’ils sont innombrables.

 

Innombrables. Et ils ne sont pas moi.

 

Autrui, c’est ce passant qui déambule, cette fille qui relève ses cheveux nonchalamment, assise à l’arrêt de bus. C’est le collègue de travail qui nous accueille l’œil torve chaque matin, le SDF qui croupit sous son carton mouillé et pestilentiel, la bourgeoise huppée qui fait claquer ses talons avec arrogance. C’est la caissière fatiguée du supermarché du coin, ou encore la voisine volubile qui nous assomme de paroles stériles sur le palier, à la sortie de l’ascenseur. C’est l’enfant aux yeux pleins de rêve et le vieillard qui regarde vers le passé. C’est vous.

 

 

Je les regarde tantôt comme mes semblables tantôt comme les représentants d’une espèce aussi étrangère qu’étrange.

 

Observer autrui, c’est contempler l’Humanité avec ses qualités et ses travers. En une seconde, on peut saisir l’essence fugace de l’être humain, dans un instantané aveuglant de vérité.

 

 

Les Autres.

 

 

Observer autrui, c’est aussi, d'une certaine manière, se regarder soi-même à travers un miroir. Sans se reconnaître.

 

 

 

 

 

 

 

Par Jo
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Vendredi 13 octobre 2006

 

 

 

 

 

« Le voisin est un animal nuisible assez proche de l'homme »,

 P. Desproges

J'ai toujours vécu en appartement.

Enfant, mon voisin du dessous était le métro parisien.  Il rythmait nos journées par un vrombissement régulier qui faisait trembler nos murs et nos pieds. Ce n'est que tard dans la nuit que cessait le va-et-vient et que pouvait régner le calme propice au sommeil. Pendant des années, donc, j'ai grandi avec tous ces voisins d'un instant, invisibles, passagers habituels ou occasionnels du métropolitain de Paris.

Après cela, mes parents décidèrent de ne plus habiter au rez-de-chaussée. Nous vécûmes donc un an au deuxième étage d'un petit immeuble ancien, timidement niché dans une impasse tranquille du XIVème arrondissement. La famille qui occupait le logement situé dans la cour mettait une certaine ambiance, pour ne pas dire une ambiance certaine. Ils avaient un chien immense, un berger allemand pourvu d'une impressionnante mâchoire. Il accueillait quiconque entrait dans l'immeuble par un concert d'aboiements ponctués d'affreux grognements. En liberté dans la petite cour, il allait, venait et passait sa grosse tête par la fenêtre sans vitre de la porte qui séparait son antre du hall de l'immeuble, conduisant ainsi beaucoup de visiteurs ou de résidents à rebrousser immédiatement chemin.

Bien sûr, ses maîtres essayaient de ne pas le laisser faire. Chaque série d'aboiements était accompagnée de cris réprobateurs, censés maîtriser le monstre. Nous avions donc, pour le même prix, un étonnant canon à deux voix, canine et humaine.

Régulièrement, l'un des nombreux fils de la maison s'entraînait. Il pratiquait les arts martiaux et des heures durant, au vu de tous, il enchaînait inlassablement les mêmes gestes. De ma fenêtre, je voyais ses impressionnants biceps tatoués se couvrir de perles de sueur. Ce manège durait quelques semaines ou quelques mois. Puis il disparaissait pour une période plus ou moins longue.De temps à autre, une descente de police nous donnait quelques indices quant aux raisons de ses absences et les motivations de son entraînement.

Après notre déménagement, nous avons atterri dans une mignonne copropriété de banlieue. Là, les voisins à fuir, ceux qui sèment la zizanie et sont montrés du doigt, c'était nous.  Sur notre palier, à l'étage du dessous et du dessus, partout ne vivaient que des vieux. Seuls et tristes comme des pierres. Forcément, quatre personnes dans un même appartement, cela créa un sacré remue-ménage dans cette antichambre du cimetière. Nous vivions, tout simplement, mais c'était déjà trop. On nous enjoignit de vivre en silence, comme les momies qui partageaient l'immeuble.  Ce fut difficile pour tous : pour moi dont les parents, soucieux d'être bien vus, essayaient de chuchoter dès le début de la soirée, et pénible aussi pour les voisins qui tendaient l'oreille pour être certains de ne rien louper du plus petit bruissement, jugé intolérable.

Il leur arriva de se plaindre après une anodine conversation. Parler était désormais une nuisance qu'il nous fallait cesser, et bientôt tout le voisinage se ligua contre nous. Avions-nous encore le droit de respirer, de partager nos joies ou encore de vivre ? Au regard des êtres fossilisés qui peuplaient notre bâtiment, non. Notre famille était une insulte à leur vieillesse et à leur solitude, eux qui avaient la télévision pour seule compagne et qui s'endormaient devant sitôt assis sur leur canapé défraîchi.

Le silence, leur compagnon imposé, était devenu une norme reconnue et acceptée par tous. Que chez nous, on eût à qui parler leur apparaissait comme une hérésie. J'échappai au bûcher. Mes parents  subissent encore l'opprobre haineux des plus tenaces.

 

 

Heureusement, je connus plus tard des voisins charmants : une petite vieille adorable et compréhensive, pleine d'attentions et de bienveillance, des jeunes tolérants et des couples équilibrés. Cela m'a presque réconciliée avec l'homo vicinus, mais il faut avouer qu'il s'agit tout de même d'une espèce à part.

Par Jo
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Lundi 23 octobre 2006

Le hasard de la vie a un jour placé Pierrick sur mon chemin. Il était proche de la trentaine, et redoutait par-dessus tout voir s’éloigner sa jeunesse. Aussi cultivait-il un coté « éternel étudiant ». Pour lui, rester jeune, c’était aussi tester en permanence un pouvoir de séduction qu’il imaginait intense. En couple depuis plusieurs années, cela ne l’empêchait nullement de courtiser toutes les filles qu’il trouvait à son goût.

Quand nous nous sommes rencontrés, nous avons partagé de grandes discussions, des fous rires et des plaisanteries. Nous avons échangé sur le quotidien, sur la vie, l’amour, la mort. Nous avons appris à nous connaître et je crois qu’alors, je le considérais comme un ami.

Notre relation n’était pas dénuée d’ambiguïté. Pierrick multipliait les allusions grivoises, je souriais et le taquinais, tout en me sentant flattée, tout en me sentant jolie. Tout en étant jeune mariée.

Bien sûr, ce fut mon cher et tendre époux qui prit ombrage de cette relation. Indépendante, déterminée, je refusais de sacrifier une amitié, toute suspecte qu’elle fût, à la jalousie. Une amitié aussi platonique qu’éphémère. Cela fait bien longtemps, en effet, que Pierrick vérifie son charme auprès d’autres connaissances féminines.

Finalement, il n’aura laissé derrière lui que des souvenirs vagues et des impressions floues. Je serais certainement incapable de retranscrire nos conversations ou raconter dans le détail des moments passés. Il y a pourtant une particularité qui le rend aussi unique qu’exceptionnel. Pierrick avait un rêve, un rêve irréalisable et inaccessible. Ce genre de rêve qui peut choquer ou faire sourire, que l’on peut prendre pour une blague au moment où il est révélé, mais qui revêtait indubitablement une importance capitale dans sa vie. Il me le révéla un beau jour, fier d’une originalité que personne ne pourra lui contester :     

-         Moi, j’ai toujours voulu être un bonobo.

-         Un bonobo ? lui demandai-je, attendant plus d’explications.

-         Oui, un bonobo, confirma-t-il, transporté par l’enthousiasme. Le bonobo, poursuivit-il très doctement, est le singe le plus proche de l’homme. Il a la plus grande fréquence de rapports sexuels de tout le monde animal. Tu imagines, un bonobo passe sa vie à baiser ! Le pied !

Ses yeux brillaient d’une étrange lueur. Bien sûr, tous les gens qui recueillirent cette singulière confidence la considérèrent comme une simple plaisanterie, une excentricité tout au plus. Néanmoins, à la seule pensée de ce regard pétillant d’envie, ce visage empreint d’admiration, je sais qu’il était sérieux quand il disait que si la réincarnation existait, il voudrait devenir un bonobo. Le rêve inaccessible de sa vie actuelle.

 

Pierrick, l’ami de passage, restera à jamais dans mon souvenir l’homme que l’appel du sexe rapprochait du primate. Pierrick, l’homme qui voulait être un bonobo.

 

 

 

 

Par Jo
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Mardi 21 novembre 2006

Un matin, j’entrepris de faire quelques emplettes. Je me retrouvai à déambuler dans le rayon des gels douche, des shampoings, des dentifrices. Près de moi, des mères de famille affublées de leur marmaille, des petits vieux boitillant qui se déplaçaient avec peine et, rapides comme l’éclair, des jeunes femmes pressées de retourner au bureau.
Je me frayai un chemin au milieu de toute cette faune et cherchai du regard le produit dont j’avais besoin. J’avais du mal à le trouver, aussi restai-je plus longtemps que prévu.
A ma droite, un homme s’éternisait lui aussi. C’était plutôt inhabituel, alors je le regardai subrepticement. De taille moyenne, il portait une veste un peu défraîchie, marron. Une chemise banale, sans cravate, avec les deux premiers boutons ouverts. Un pantalon en velours, marron lui aussi, qui tombait sur des chaussures laides mais en bon état. Un type quelconque, celui que personne ne remarque jamais.
Peut-être comptait-il là-dessus, précisément. Tout en marron fadasse, le cheveu terne, ni éblouissant ni inquiétant, il avait toutes les chances de passer inaperçu. Pariant sur sa transparence, il éventra l’emballage d’un lot de cinq savonnettes à l’aide d’une clé pointue, en saisit une et la fourra dans la poche intérieure de sa veste. Interloquée, je levai les yeux vers son visage. Je le trouvai fermé, résolument inexpressif. Le regard fixe, il prit un flacon et le subtilisa avec autant d’aisance qu’il l’avait fait pour la savonnette.
Je tournai la tête à gauche, à droite. A deux pas, deux employées du supermarché plaisantaient entre elles, lâchaient quelques rires, renseignaient des clients. Plus loin, un vigile à l’air austère arpentait l’allée sur laquelle donnaient les caisses, prêt à intercepter tout individu suspect. Et personne ne voyait le voleur, là, sous leur nez, qui se servait à la barbe de tous sans même tenter de dissimuler son acte. Son assurance le rendait insoupçonnable.
Je m’éloignai, un peu rapidement, comme saisie de honte et m’enfuis à sa place. Je continuai mes courses, encore sous le choc, et de longues minutes s'écoulèrent avant que je ne parvienne à penser à autre chose. C’est en passant dans un rayon voisin que je le trouvai à nouveau sur mon chemin. Il remplissait sa poche, qui devait décidément être immense, avec d’autres articles. Une vendeuse était là, juste en face de moi. Elle passa tout près et sans en avoir l’intention, je lâchai, dans un souffle d’indignation : « Cet homme, là, il vole tout ce qu’il peut ».  Quand je repris ma respiration, c’était trop tard. Je l’avais dit.
 
Elle écarquilla les yeux et son regard se posa successivement sur moi, puis sur le voleur. Je m’éloignai, prise d’une agitation soudaine, posai mes articles n’importe où et quittai le magasin sans rien avoir acheté.
Tandis que, dans la voiture, je voyais les kilomètres défiler, je me remémorai l’homme que ma mémoire avait photographié. Sans porter de haillons, il était néanmoins mal habillé. Il volait des produits de toilette. A partir de ces deux seules constatations il était facile de lui inventer une vie de marginal sans le sou luttant obstinément pour garder une certaine dignité. Facile aussi de l’imaginer, les poches pleines et la marche tranquille, s’avancer vers la sortie et se faire héler par l’agent de sécurité aux aguets. Deviner son étonnement, sa peur, son renoncement peut-être ? Et moi tranquille dans ma voiture, seule avec ma conscience et sans les courses dont j’avais pourtant besoin.
 
Parfois, c’est surprenant, on se découvre aussi étranger à ses propres yeux que l’est autrui.
Par Jo
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Jeudi 23 novembre 2006
La mère d’Annabelle est une femme étrange.
 
Superstitieuse, elle collait des images ésotériques un peu partout, au gré de ses lubies. Quand nous étions voisines, j’étais, par exemple, terrifiée de me rendre chez elle. Sur sa porte d’entrée était placardée l’effigie d’une étrange bête, un démon biscornu au regard foudroyant qui semblait prêt à sortir de l’affiche pour m’engloutir avec lui dans les tréfonds de l’enfer. Dès que mes yeux se posaient sur cette étrange illustration, j’étais envahie d’une indicible terreur et dévalais en courant les escaliers qui me ramenaient chez moi. Ma mère, elle, riait de bon cœur quand je lui faisais part de ma terreur : « Mais non, faut pas avoir peur, tu ne vois pas qu’elle est folle ? ».
Si, justement.
 
Après notre déménagement, nous nous sommes perdues de vue de longues années, Annabelle et moi. Puis, un jour, par le plus grand des hasards, nous nous sommes rencontrées avec nos familles respectives dans un supermarché de la région. La famille habitait désormais une commune voisine de la nôtre. Le plus naturellement du monde, nous échangeâmes nos numéros de téléphone afin de reprendre le contact interrompu.
De temps en temps, le dimanche, j’allais donc rendre visite à Annabelle. Nous discutions. Parfois nous prenions le thé avec sa mère, toujours souriante. Celle-ci, presque comme une copine, se laissait aller à des confidences. Ce fut ainsi que j’appris l’existence de son amant, Nicolas. Ce n’était un secret pour personne : le mari savait, la fille savait, et toute la famille connaissait l’individu en question. Après une relation passionnelle et passionnée, la mère d’Annabelle avait décidé de s’éloigner d’un soupirant un peu trop envahissant. Elle n’y parvint pas.
Nicolas les harcelait. Il venait rôder sous les fenêtres de son aimée, poussait des hurlements qui déchiraient la nuit et le sommeil des habitants du quartier, criait son désespoir et son abandon jusqu’à ce que la police l’invite fermement à déguerpir. Devant l’indifférence de sa belle, Nicolas se fit plus agressif. Menaçant. Il se sentait capable de tuer celle qui lui tournait le dos, tuer l’époux légitime et cocu contrit, tuer les grands enfants même, s’il le fallait.
Il la suivait jusqu’à son travail, l’attendait quand elle sortait, lui tenait des discours de plus en plus incohérents. Elle s’inquiéta quand il commença à l’appeler « maman ». Là, cela ne fit plus rire personne. Estomaquée, j’assistai indirectement à ce feuilleton réel et suivait le déroulement de l’intrigue avec effroi et stupeur.
 
Je ne m’en aperçus pas tout de suite, tant elle faisait ce geste avec naturel et décontraction, mais la mère d’Annabelle allumait une bougie à chaque fois que j’étais présente. Après avoir remarqué cela plusieurs fois, je pris conscience qu’elle s’adonnait au même rituel à heure fixe. Six heures de l’après-midi. Bougie. Semaine après semaine, que je passe le samedi, ou le dimanche, ou plus rarement en semaine, elle allumait sa bougie à 18 heures pétantes. J’en souris, prenant cela pour une excentricité anodine et sans conséquence, mais trouvai cela plus étrange lorsque, un jour où la mère était absente, je vis Annabelle se précipiter, allumette à la main, vers ce gros cierge afin d’effectuer à l’heure dite le cérémonial maternel. Elle resta évasive devant mes questions et s’empressa de changer de sujet.
 
Nicolas poursuivait son inlassable persécution. Toute la famille vivait désormais dans la peur. Il viendrait mettre le feu, disait-il. Il viendrait chercher « maman » pour l’emmener avec lui. La police ne faisait pas grand-chose, m’expliquait la mère d’Annabelle devant une tisane. Puis, un large sourire déchira son visage et elle me demanda :
-         Tu veux voir à quoi il ressemble ?
-         Oui, bien sûr, répondis-je.
 
Elle se leva, se dirigea vers le lourd bougeoir, qui trônait sur une cheminée inutilisée. De part et d’autre étaient disposées des petites statues, des figurines. Je pris conscience à quel point cela ressemblait à un autel. Soulevant le bougeoir métallique, elle saisit la photographie coincée dessous, et me l’apporta. Nicolas était un homme quelconque, aux traits insignifiants. J’étais bien plus intriguée par toute cette mise en scène que par la physionomie du bonhomme. Quand je lui rendis la photographie, la mère d’Annabelle alla la déposer soigneusement sous le bougeoir d’où elle l’avait extraite. Quand 18 heures sonnèrent, elle alluma la bougie.
Je ne prêtai guère attention à tout cela sauf lorsque j’assistais à ces scènes pour le moins bizarres. Je ne fis pas non plus le rapprochement avec les insectes que l’épouse infidèle élevait dans des bocaux fermés. Elle leur donnait des feuilles de laitue à manger, se moquait à grand rire de mon aversion pour les bestioles et prenait un air à la fois mystérieux et amusé lorsque je lui demandais pourquoi elle gardait ces vers chez elle. Je me souvins des affiches démoniaques de mon enfance, et malgré tout mon rationalisme de jeune adulte, je ne pus m’empêcher de frissonner en imaginant les obscures convictions et les sombres pratiques de la mère de mon amie.
Les mois passèrent. L’autel était systématiquement dressé lorsque je pénétrais chez Annabelle. Dessous, les coins cornés de la photo de Nicolas attiraient mon regard comme un aimant.
 
Un beau jour, au téléphone, Annabelle m’annonça que Nicolas s’était suicidé en se jetant d’un pont parisien. Son corps avait été repêché dans la Seine. La nouvelle fut accueillie avec bien plus de soulagement que de tristesse par les membres de la famille, et c’est comme d’un heureux événement qu’on m’en fit part.
Quand j’eus l’occasion de retourner chez Annabelle, les statuettes, la bougie, la photo qui avaient pourtant surplombé la cheminée des mois durant avaient disparu. Comme si tout cela était désormais inutile maintenant qu'avait été exaucée sa drôle de prière.
 
 
Par Jo
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