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Certaines photos ont été glanées sur le Net. Elles ne sont utilisées que dans un but illustratif. Si toutefois leurs auteurs y voyaient une quelconque objection, merci de me contacter.

Evidence ...

 

 

« L’Enfer, c’est les Autres »

            Jean-Paul Sartre

Pour comprendre le but de ce blog, il vaut mieux commencer par lire ça.

Les années lycée

Mercredi 4 octobre 2006 3 04 /10 /2006 01:00

En cherchant dans le catalogue d’autrui en stock dans ma mémoire, je me suis automatiquement arrêtée sur Sabine.

 

Sabine.  Ah…….Sabine !

 

Elle avait 17 ans.  C’est sa  seule excuse.

 

Je revois Sabine et ses cheveux jaunes. Non point blonds. Jaunes.

Elle les décolorait régulièrement avec un spray décapant volé à l’hyper du coin, croyant retrouver la blondeur de sa prime enfance. Une fois, elle avait entrepris, pour rire, de se teindre en brune en utilisant un de ces produits censés disparaître en quelques shampoings. Je ne l’ai plus vue pendant une semaine. 

Quand enfin je lui ai parlé au téléphone, elle me dit d’un ton catastrophé :

-         Je ne peux pas sortir ! Mes cheveux sont devenus verts !

-         Verts, tu dis ? lui demandai-je, incrédule.

-         Oui, verts ! Veeeeeerts ! Je te jure !

La pauvre créature. Poser sur ses cheveux moribonds des substances chimiques colorantes avait été l’apothéose, un véritable feu d’artifice capillaire.

Outre sa chevelure, Sabine s’inquiétait par-dessus tout de sa silhouette. Elle pouvait cesser de manger des jours durant. Parfois, il lui arrivait de tomber, comme ça, chez elle ou dans la rue. Elle a même été amenée à fuir l’hôpital, où elle atterrissait immanquablement, parce que cela la gênait dans la poursuite de son jeûne. Sabine avait la phobie des grosses.

Elle avait également la phobie des rides. Vieillir était pour elle le pire des châtiments, le summum de la décrépitude. Mais Sabine n’était pas fille à se laisser abattre : à chaque problème, elle trouvait une solution.

Aussi simplement qu’elle ne mangeait pas pour rester mince, elle décréta un beau jour que jamais elle ne serait concernée par la vieillesse, dont elle fixait arbitrairement le seuil à quarante ans.

-         Moi ? Ah non, c’est impossible pour moi de vieillir. Je me suiciderai à 39 ans et demi.

Il suffisait d’y penser.

 

 

 

 

 

 

Par Jo - Publié dans : Les années lycée
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Lundi 16 octobre 2006 1 16 /10 /2006 00:01

Avec mes copines, j’avais l’habitude de sécher les cours. Je trouvais le temps trop précieux pour le perdre entre quatre murs, alors j’allais me promener tandis que mes parents me croyaient au lycée.

Ce jour-là, nous avons décidé de nous rendre dans la galerie commerciale du quartier des Halles, à Paris. Evidemment, braver l’interdit nous rendait euphoriques, même si nous en avions l’habitude. Les gens qui nous croisèrent dans le métro durent supporter ricanements et futilités dites fièrement, d’une voix trop forte.

Arrivées à destination, nous sommes allées d’une boutique à l’autre, commentant la tenue des mannequins en vitrine, rêvant à ces chaussures que nous n’avions pas les moyens d’acheter et nous esclaffant à la seule pensée de nos camarades de classe qui subissaient l’interminable et soporifique discours du prof de maths.

De temps en temps, nous remarquions l’œillade réprobatrice d’une mère de famille heurtée par notre extravagance, et lâchions avec agressivité : « Qu’est-ce qu’elle a la mémé ? »

C’est alors que je vis cette silhouette un peu étrange. Perchée sur des talons, l’immense créature claudiquait tout en essayant de garder une contenance. La jupe courte dont elle était vêtue lui conférait la grâce d’un flamand rose boiteux.  Je garde un souvenir particulièrement vif des vigoureux mollets dont l’évidente virilité tranchait avec la féminité des atours.  

Mes amies et moi nous sommes regardées avec connivence et avons pouffé d’un rire gras et peu discret.

-         Oh, t’as vu le travelo ? dit l’une de nous.

-         Non, tu crois que c’est un mec ? surenchérit une autre.

-         Bah oui, t’as vu un peu la gueule des mollets ?

Alors, contre toute attente, il (elle ?) se retourna. J’imaginai que cet être à l’identité sexuelle mal définie allait se ruer sur nous pour nous faire payer nos railleries et me préparai à fuir à toutes jambes. En fait, pas du tout.

Sous le fond de teint, on identifiait sans peine les traits masculins et la repousse d’une barbe drue. La qualité médiocre de la perruque lui donnait une allure de mannequin de cire. C’est son regard qui me frappa : il avait au fond des yeux une infinie douceur ainsi qu’un sourd désespoir. C’est avec toute cette détresse mal dissimulée qu’il vint vers nous.

Timide et gauche, il s’approcha et dans un chuchotement qui appelait la confidence, il demanda en se tapotant les joues :

-         Ca ne se voit pas trop ?

L’une de mes camarades pouffa. Je souris, mais commençai à ne plus du tout être amusée.

-         Ben, très franchement, si, ça se voit ! dit-elle en riant.

-         Ah… fit-il, accablé. Je ne pensais pas…

Un grand silence s’installa. La foule s’affairait toujours autour de nous. Pour rompre l’ambiance pesante, je me remis à marcher. Il chemina en notre compagnie quelques instants. Penaud, il entreprit de se justifier, comme si notre assentiment, notre approbation lui étaient indispensables.

-         Vous savez, je ne suis pas du tout homosexuel. Ah non, alors. C’est juste un loisir, comme d’autres jouent au foot, moi je m’habille en femme, voilà. C’est pas plus étrange que ça.

Voulait-il nous convaincre ou se persuader lui-même ? Je me souviens des gloussements étouffés, des regards échangés qui n’ont pas pu lui échapper, et des rires moqueurs qui résonnèrent dans le vaste hall du centre commercial alors qu’il s’éloignait.

 

Avec mes copines, j’ai continué à plaisanter sur l’épisode, à rire des commentaires acides qui fusaient mais à mesure que les heures passaient, un sentiment trouble m’envahissait. Aujourd’hui, j’ignore toujours s’il s’agissait de compassion ou de culpabilité, mais je sais une chose. Si cet homme l’ignorait encore, il a ce jour-là appris la cruauté et l’intolérance d’autrui.

Par Jo - Publié dans : Les années lycée
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Lundi 30 octobre 2006 1 30 /10 /2006 00:36

Toute adolescente a envie, un jour ou l’autre, de tester ses charmes. Un sourire, un regard, une attention suffisent à lui gonfler l’ego à bloc. Et l'aident à grandir en ayant confiance en elle autant qu’en sa féminité. A seize ans, je n’étais pas différente des autres. Il m’arrivait de choisir des habits qui me plaisaient tout particulièrement dans le seul but de me sentir mise en valeur. Une manière, sans doute, de compenser la peur, les doutes, le malaise propres à cet âge délicat.
Ce jour-là, de plutôt bonne humeur, j’avais mis une jupe. Il faisait beau, presque chaud. Les rayons du soleil me poussaient à sourire : la journée, l’avenir, la vie m’appartenaient. J’étais bien.
Je marchais dans ma jupette et me voyais comme une liane gracile qui déambulait dans cette rue déserte. Au loin, une silhouette masculine se profila. Je poursuivis mon chemin en songeant à l’amie que j’allais retrouver, aux magasins que nous avions prévu de dévaliser, aux vêtements que j’avais envie de m’acheter. La silhouette se rapprochait.
C’était un homme d’une trentaine d’années, terriblement banal, et de mon point de vue de jeune fille tout juste sortie de l’enfance, il se trouvait à la lisière de la vieillesse. Je le vis m’observer, d’abord le visage puis ses yeux glissèrent le long de mon corps jusqu’aux chevilles.
A la fois effrayée et flattée, je feignis l’indifférence. Je me sentis toutefois adopter une démarche un peu plus chaloupée, sûre de l'effet qu'elle produirait. Plus il me regardait, plus je me sentais désirable, irrésistible, merveilleuse. Je rejetai mes cheveux en arrière et, femme fatale, levai le menton avec une certaine arrogance.
Il était presque à mon niveau maintenant. Sur le point de le croiser, mon cœur s’accéléra et tonna avec force dans ma poitrine, ma mâchoire, mes oreilles. Qu’allait-il me dire ? Comment devrais-je réagir à ses compliments ? Ou à une éventuelle proposition indécente ?
 
Nous étions désormais face à face. Nos regards se croisèrent. Son visage demeura impassible, presque dur.  Il passa si près qu'il me frôla et je l’entendis distinctement marmonner avec hostilité : « Pas belles, les jambes ! »
J’aurais pu me redresser fièrement et, majestueuse, poursuivre ma route avec dignité, comme si je n’étais nullement concernée par cet intolérable outrage. Au lieu de cela, toute décontenancée, je répliquai véhémentement, avec une voix de crécelle hystérique :
-         Ouais, ben t’as qu’à pas regarder, connard !
 
Je me remis à marcher aussi rapidement que j’en étais capable, les nerfs tendus et l’orgueil flétri, tout en continuant à maugréer.
 
Décidément, j’aime pas les gens.
Par Jo - Publié dans : Les années lycée
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Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /2006 10:57

C’était un samedi banal. Souvent, le samedi, j’allais à la bibliothèque. Je rendais les livres dévorés durant la semaine qui venait de s’écouler et me réapprovisionnais en romans de tous genres, piochés au hasard de ma flânerie dans les rayonnages.
Ma grande amie de l’époque me téléphona dans la matinée pour me demander ce que je faisais. Je le lui dis et elle s’écria avec enthousiasme : « Tiens, ça tombe super bien ! Tout à l’heure je vais justement à une galette des rois au deuxième étage de la bibliothèque, avec Marianne. Tu veux venir ? »
Marianne était une de ses amies de longue date. Je l’avais rencontrée une ou deux fois. Elle était plutôt gentille, je n’avais pas d’avis particulier sur elle. A part qu’elle était blonde, le nez crochu, la bouche fine et pincée, et qu’elles avaient fréquenté le même collège quelques années auparavant, je ne savais rien. Manger une galette des rois ? Gratuitement ? Au lieu de me contenter d’errer seule au milieu des livres ? J’acceptai.
A l’heure convenue, après avoir fait le plein de lecture, je retrouvai Sabine et Marianne devant la bibliothèque. A l’étage supérieur, la mairie disposait d’une salle qu’elle louait parfois pour des manifestations privées. Nous montâmes.   
 
 Dans la salle régnait un silence qui me surprit. Je m’attendais à une ambiance festive, à de la musique, des rires joyeux, des enfants surexcités… Au lieu de cela, tout était calme. Il y avait bien une musique de fond, si basse qu’on l’entendait à peine. Il y avait bien des enfants, certes, mais endimanchés et sages comme des poupées de porcelaine. Ils restaient près des parents, qui buvaient du vin mousseux dans des coupes qu’ils tenaient avec distinction, en bavardant poliment entre eux.
Plus loin, deux tables avaient été mises côte à côte, tout en longueur. Elles étaient couvertes de piles de livres divers, sur la couverture desquels je reconnus le drapeau tricolore, des symboles familiers mais que je n’identifiai pas tout de suite, et surtout, surtout, le portrait d’un leader politique d’extrême droite.
J’étais effarée. Je tournai un regard incrédule vers Sabine qui, d’un signe de la tête, m’intima le silence. Elle était manifestement au courant, et avait omis de préciser à quel type de « fête » elle me conviait. Je balayai la salle du regard, beaucoup plus attentive : la moyenne d’âge était plutôt élevée. La majorité des personnes présentes avait au minimum une cinquantaine d’années, parfois beaucoup plus. Automatiquement, maintenant que je savais, ils me semblèrent hostiles, malgré un sourire bienveillant, paternaliste, malgré cet air respectable de celui qui ne veut que défendre son bien, sa patrie. De celui qui assume et diffuse les idées les plus terribles avec la certitude d’être dans le vrai. D’être dans le bien. D’être dans son bon droit.
Je réprimai un frisson.
 
J’ignore pourquoi, j’ignore comment, je réussis à avaler une part de galette. Elle avait le goût amer de la trahison. J’étais là, moi la brune, moi l’immigrée, moi l’agent double. Je pensai à tous mes camarades de classe, Rachida, Fadila, à Sofiane aussi, à Nabil et aux autres. A ceux qui partageaient la nostalgie d’un ailleurs originel et authentique, différent géographiquement mais tellement proche dans le ressenti que nous en avions. A mes amis. Mes frères.
L’ascenseur s’ouvrit sur notre étage. Deux petites filles, jolies comme des cœurs, les cheveux frisés, la peau mate déboulèrent, apportant avec elles une fraîcheur salutaire. Des petites filles d’origine maghrébine. J'inhalai avidement cette bouffée d’oxygène. Dans un grand rire, elles s’exclamèrent : « Oh mince, on s’est trompé d’étage ! » avant de rebrousser chemin en gloussant.
Une femme d’âge mûr sirotait son verre en galante compagnie non loin de là. Elle leur jeta un regard noir du coin de l’œil, et dit en esquissant un sourire corrosif : « Oui, je crois, oui… ». La porte de l’ascenseur se referma sur les fillettes.
 
Le brouhaha, pourtant discret quelques minutes auparavant, enfla jusqu’à m’envahir toute entière. Ce fut avec difficulté, au bord de la nausée, que je m’extirpai de là.
En bas, les familles allaient et venaient, les livres sous le bras, le pain au chocolat dans la main, prêt à être mangé. Dehors, les voitures circulaient, klaxonnaient, se talonnaient. Tout était normal.
La vie.
 
 
 
 
C'était un samedi banal.
Par Jo - Publié dans : Les années lycée - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /2006 01:23

Au lycée, quand vraiment un cours était insupportable, une seule solution s’offrait à nous : feindre le malaise et demander à aller à l’infirmerie.
L’infirmerie était un endroit béni : l’infirmière était adorable, très à l’écoute. Elle discutait avec les élèves et donnait des sucres quand une fille un peu trop coquette ou pressée, coupable d’avoir négligé le petit-déjeuner, se voyait rattrapée par l’hypoglycémie. On pouvait même se plaindre des profs, pourvu que l’on n’exagère pas. Elle écoutait, sans jugement, sans réprimande, retenait un sourire complice que l’on lisait néanmoins au fond de ses yeux. Il y avait des lits sur lesquels on pouvait prolonger une nuit trop courte, ou récupérer après une faiblesse réelle.
Je n’abusais pas mais il m’arrivait, que je sois fatiguée, ennuyée ou simplement malade, de m’y rendre pour une pause fort appréciable. Ce fut ainsi que je croisai Isaac.
 
C’était un vendredi, en fin de matinée. Le temps était pluvieux. Je méditais sur des malheurs que l’adolescence faisait paraître insurmontables, accoudée à la fenêtre du rez-de-chaussée, une cigarette à la main. L’avenir me semblait désolant et plein de promesses. J’étais à la fois ces gouttes de pluie et le timide rayon de soleil qui se profilait à l’horizon.
Soudain, je sentis une présence. Je tournai la tête et vis un garçon grand, taciturne, fermé. Un grand gaillard musclé. Il me regarda du coin de l’œil et me demanda une cigarette. Je n’en avais plus. « Ah » fit-il simplement.
Je lui proposai, dans un élan de générosité, de partager la mienne. Il accepta et s’accouda à la fenêtre. Côte à côte, nous regardâmes la cour de récréation déserte, le bâtiment gris du réfectoire un peu plus loin, le bitume humide. Nous avons discuté, un peu. Des banalités échangées. La cigarette achevée, la sonnerie retentit. C’était l’heure du repas. Isaac me dit au revoir et s’éloigna alors que je rassemblais encore mes affaires.
Je ne l’avais jamais remarqué auparavant, et m’empressai de l’oublier.
 
Une semaine plus tard, pendant la récréation, une de mes camarades de classe poussa un grand cri et posa sa main sur son cœur, comme si elle avait reçu un choc violent en pleine poitrine.
-         C’est Isaac ! s’exclama-t-elle, incrédule. C’est Isaac !
-         Et alors ? demandai-je, intriguée par sa réaction.
-         Tu ne connais pas Isaac ? 
Elle était scandalisée de mon ignorance.
-         Non, rétorquai-je, je ne connais pas Isaac. Enfin si, je l’ai croisé à l’infirmerie vendredi, mais je ne le connaissais pas avant.
 
Elle m’expliqua alors. Isaac. Un garçon qui sortait tout juste de l’adolescence et de prison. Il venait de revenir dans un lycée qu’il avait quitté quelques mois auparavant à l’occasion d’un séjour derrière les barreaux. On fut incapable de me renseigner sur les causes réelles de sa détention. Simplement, il fallait le savoir, Isaac était dangereux. Deal. Vol. Le genre de mec avec lequel on ne rigole pas. Le méchant du western-lycée dont nous étions les protagonistes.
Bon. J’avais fumé une cigarette avec Isaac, le caïd local.
 
Le temps passa, tellement vite que je me trouvai propulsée des années plus tard sans même m’en rendre compte. Puis un jour, dans la rue, on croise la connaissance qui, elle aussi, se souvient de nous. « Oh, mais que deviens-tu depuis le lycée ? ». Question classique.
On m’expliqua : les études, les projets, le futur métier… Je fis de même.
« Et Bidule, tu te souviens de Bidule ? » Autre interrogation attendue. Nous passâmes en revue tous les Bidules du lycée quand, j’ignore comment, nous en vînmes à parler d’Isaac.
Isaac a continué sa vie de délinquant, de marginal. Ce vendredi où nous avons fumé la même cigarette, cela faisait une semaine qu’il était sorti de prison. Quinze jours plus tard, il y retournait. Après quelques années d’allées et venues entre la geôle et le domicile parental, Isaac avait été abattu en pleine rue. Une balle dans la tête, c’est aussi rapide que définitif. Règlement de comptes sans doute, sombre histoire de crapules.
Isaac avait un peu plus d’une vingtaine d’années. 
 
Après m’avoir raconté cette vie en accéléré, cette vie gâchée, la connaissance me gratifia d’un immense sourire et prit congé. Elle repartit vers son avenir avec la gaieté et l’insouciance propres à la jeunesse.
 
De temps à autre, les vendredis de pluie, il m’arrive de m’installer près d’une fenêtre et, protégée de l’averse, je crois parfois sentir la présence d’Isaac, dont l’existence fut aussi brève qu’une cigarette fumée à deux.
Par Jo - Publié dans : Les années lycée
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